Écrits de Vincent d'Indy
Vol. 2: 1904-1918

Testi scientifici
Vincent d'Indy
Gilles Saint Arroman
Actes Sud / Palazzetto Bru Zane, 2021
Vincent d'Indy
708 pagine
francese
978-2-330-15315-1

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Ce deuxième volet des Écrits nous permet de suivre la pensée de Vincent d’Indy alors qu’il atteint l’apogée de sa carrière. Compositeur et chef d’orchestre, président de la Société nationale de musique, officier de la Légion d’honneur et professeur au Conservatoire, le directeur de la Schola Cantorum est actif sur tous les fronts. Par son enseignement, il exerce une influence considérable sur les nombreux jeunes musiciens : sa réputation est telle qu’Erik Satie lui-même se met à son école. Alors qu’il ressuscite les grands chefs-d’oeuvre du passé à la Schola, il trouve aussi le temps de faire rayonner la musique française à travers le monde à l’occasion de concerts qu’il dirige dans les principaux pays d’Europe, en Russie et aux États-Unis. Pendant ces années d’activité débordante, d’Indy est omniprésent dans la presse. Ses multiples prises de position publiées dans journaux et revues abordent souvent les sujets d’actualité, mais aussi certains thèmes qui lui sont chers – Franck, Wagner, Chabrier, la musique à travers les âges, l’éducation musicale – et d’autres, plus inattendus – le rôle musical de la femme, Franz Liszt en 1873, le luth et sa littérature, la musique en 1814, etc. Nombre de ces textes suscitent la polémique. L’un d’eux le conduit même à affronter en duel un littérateur avec lequel il avait imprudemment engagé une collaboration. À l’heure du debussysme et des Ballets russes, le chef de file de l’école franckiste continue à défendre ardemment sa conception spiritualiste de l’art. Il ironise sur les tendances des jeunes au “modern-style”, aux subtilités harmoniques et orchestrales “à la mode”. Partisan inlassable d’un art expressif, il cible volontiers le snobisme du public et le sectarisme de ses adversaires. Le climat conflictuel de cette période a des répercussions sur ses écrits. La mise en oeuvre de la séparation de l’Église et de l’État l’amène à dénoncer avec vigueur l’anticléricalisme gouvernemental. À la veille de la Première Guerre mondiale, il critique sans ménagement les compositeurs et les musicologues de l’Allemagne contemporaine. Durant les quatre années du conflit, il réserve ses attaques à l’ennemi – sans pour autant renoncer à défendre Wagner – et oppose résolument la culture latine à la “Kultur boche”.

Dans le premier volume (1877-1903), Vincent d’Indy abordait déjà les grands sujets de son temps : wagnérisme, théâtre lyrique, musique religieuse, chanson populaire, musique ancienne et modernité, enseignement, mais aussi éducation populaire et décentralisation, rapports entre l’art et l’État… S’attachant à redonner vie aux chefs-d’oeuvre du passé comme à promouvoir la musique de ses contemporains, il s’y montrait admirateur de l’art gothique et du chant grégorien, de Palestrina, de Monteverdi, des tragédies lyriques de Rameau et de Gluck, de Beethoven et de Schumann, mais aussi – non sans réserve – du Pelléas et Mélisande de Debussy. Un troisième et dernier volume de ces Écrits couvrira la période 1919-1931.

Gilles Saint Arroman est pianiste et musicologue, ancien élève du Conservatoire national supérieur de Paris (Culture musicale et analyse) et de l’université Paris-Sorbonne, chercheur associé à l’Institut de Recherche en Musicologie (IReMus, UMR 8223). Il est l’auteur d’un ouvrage sur le pianiste Édouard Risler (Champion, 2008) et a coédité avec Juliana Pimentel les actes de la journée d’étude Piano & musique de danse dans la France du XIXe siècle (OMF, 2010).

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