Notes et souvenirs

Charles DANCLA
Beethoven, Ludwig van
Dancla, Charles
Symétrie Livre broché | 11 x 18 cm | 9,50 € | 185 pages | ISBN 978-2-914373-88-3

J’avais treize ans lorsque j’entendis Paganini. Homme étrange, fantastique, doué d’une puissance prodigieuse de mécanisme. Quelle justesse, quelle sûreté dans le trait, quelle chaleur sympathique dans le son ! C’est dans sa musique surtout qu’il était inimitable. Les œuvres de Viotti, de Rode, de Kreutzer convenaient moins à sa nature nerveuse, fiévreuse même. Pour l’interprétation de Viotti qui demande une variété d’accent extraordinaire, il fallait l’archet fulgurant de Baillot. On ne pouvait du reste faire de comparaison entre ces deux grands artistes. Certes Paganini n’eût pas joué comme Baillot le sublime Quatuor en ré mineur de Mozart ou le Septuor de Beethoven, mais, par contre, Baillot aurait été peu à son aise dans l’exécution diabolique de la musique de Paganini. Non que Baillot manquât de mécanisme, mais son tempérament le portait à éviter ce qu’il appelait les grandes excentricités. Il me semble toujours voir Paganini tant il m’a frappé : son violon chante encore à mes oreilles.

Essentiellement connu aujourd’hui pour ses nombreux ouvrages pédagogiques – écrits alors qu’il tenait l’une des classes de violon au Conservatoire de Paris (1855-1892) – Charles Dancla occupa, en tant que violoniste, une place importante dans la vie musicale parisienne à partir de la monarchie de Juillet. Élève de Pierre Baillot, il a contribué à transmettre l’héritage technique et esthétique de celui-ci jusqu’à la fin du xixe siècle : au Conservatoire, dans ses publications et en organisant des séances de musique de chambre à partir de 1838 aux côtés de ses frères Léopold et Arnaud. Les quatuors et trios qu’il écrivit pour ces séances lui valurent l’obtention du premier prix Chartier (en 1861).