L’Église comme lieu de concert

Fanny Gribenski
Actes Sud / Palazzetto Bru Zane, 2019
448 pages
français
978-2-330-12012-2

Alors que de nombreux travaux ont mis en lumière le rôle central de Paris dans la vie musicale européenne du XIXe siècle, l’histoire de certains de ses hauts lieux de musique est demeurée dans l’ombre. L’historiographie a eu tendance à passer systématiquement sous silence l’importance des églises dans cette activité artistique. Tout au long du siècle, les “fêtes musicales” organisées dans les paroisses de la capitale ont pourtant compté au nombre des événements marquants de chaque saison. Certains temps forts du calendrier religieux – principales célébrations de l’année, fêtes patronales, exercices de dévotion, prières publiques, inaugurations d’orgues, etc. – sont alors l’occasion d’une “musicalisation” exceptionnelle des sanctuaires. Ces solennités attirent un public formé en grande partie d’amateurs de musique. Annoncées et parfois longuement commentées dans la presse, elles mobilisent des chanteurs et des instrumentistes extérieurs aux bas-chœurs des paroisses et proposent des ouvrages de grande ampleur.
À la croisée de la musicologie, de l’histoire culturelle et religieuse, et de la sociologie de l’espace, ce livre explore la manière dont les mutations caractéristiques de la vie musicale du XIXe siècle se sont traduites par la transformation des églises parisiennes en d’éphémères salles de concert. L’ouvrage s’organise autour de cinq études de cas, consacrées aux prières publiques, aux concerts de l’Association des artistes musiciens à Saint-Eustache, aux inaugurations d’orgues, aux exercices du mois de Marie et aux Semaines saintes de Saint-Gervais.

Ancienne élève de l’ENS de Lyon, agrégée de musique, diplômée du Conservatoire de Paris (histoire de la musique et esthétique), Fanny Gribenski a soutenu sa thèse – dont le présent livre est une version réécrite – à l’EHESS (Paris). Elle est actuellement Research Scholar au Max Planck Institute for the History of Science de Berlin, où elle mène des recherches sur l’histoire de la standardisation du diapason. Elle a été boursière de la Fondation Thiers, Fulbright Postdoctoral Fellow et Visiting Scholar à l’université de Californie (Los Angeles), ainsi que Dibner Fellow in the History of Science and Technology à la Huntington Library (San Marino, Californie). Elle a par ailleurs codirigé la réédition de Ce que dit la musique d’Hermione Quinet (Actes Sud / Palazzetto Bru Zane, 2016).